Le sorceleur, le prix de la liberté

L'homme face au monstre

L’homme face au monstre.

La magie en Ebène est strictement contrôlée. Les mages, soumis à l’Empereur depuis l’assaut sur Sifalle par les hordes venues du Nord, sont réunis dans une guilde officiel. A sa tête, l’archimage se doit de transmettre et de contrôler strictement les agissements de ses disciples. Pourtant, certains mages ne sont pas capables de s’adonner à une discipline aussi dure. Ceux qui fuient sont souvent retrouvés et sévèrement condamnés. La seule échappatoire reste le destin de sorceleur. En abandonnant sa fertilité et tout droit sur sa descendance et ses terres, un mage peut se voir libéré de son serment et regagner sa liberté. En échange, il prête serment d’assistance au peuple. ne pouvant demander que de quoi survivre en échange de ses services, le sorceleur devient ainsi un vagabond. Cheminant de contrat en contrat, de villes en villages, il parcourt ainsi le monde, vivant de peu et goûtant pleinement sa nouvelle liberté.


Une formation sur le terrain

A l’académie des mages, le temps de travail est consacré à l’étude et à la pratique de la magie. Aucun cours ne prépare à chasser un monstre ou à le mettre à mort. Le premier contrat est un tournant dans la vie de tout sorceleur. De ses choix et de sa préparation ou de sa capacité de réaction dépendra s’il y aura une suite à sa carrière ou si elle se terminera dans l’estomac d’une créature vindicative. Le groupe de sorceleur n’étant pas une guilde à part entière, un jeune mage ne bénéficie d’aucun soutien, si ce n’est un potentiel partenaire. Il devra compléter sa formation en se formant auprès de chasseurs, de bretteurs ou par lui-même. Le maniement de la lame, de l’arc et le renforcement de sa condition physique sont les premiers points sur lesquels se pencher.


Une fraternité éclatée

Nul hôtel de guilde, ni club dans une grande ville, aucune réunion bisannuelle, pas de réduction chez un forgeron partenaire et surtout aucune ristourne en taverne. La vie de sorceleur, même si riche en action, peut sembler bien fastidieuse. Pourtant, entre ces frères d’armes règne une bien étrange fraternité. Rivalité et amour de l’autre sont étroitement mêlés. Faire en sorte que l’autre survive est la seul règle d’or. Le bizutage des nouveaux va ainsi de paire avec la formation de ces derniers. La mise à l’épreuve va avec un soutien moral. La chasse, même si toujours en solitaire, peut se préparer en groupe. Les sorceleurs n’hésitent pas à transmettre des informations à leurs concurrents même si cela pourrait leur coûter le magot au final. L’important étant de vivre, pauvre peut être, mais heureux et au grand air. De plus, les sorceleurs ne sont ni assez nombreux, ni assez reconnus en ce bas monde pour se permettre de ne pas apprécier la compagnie de leurs frères.


Un appel du destin

Ne faisons pas passer des vessies pour des lanternes, si le sorceleur choisit sa voie c’est avant tout pour être libre. Par contre, par la suite la notion de destin est omniprésente. En effet, le sorceleur semble toujours se trouver là ou il faut, comme s’il sortait de la brume pour venir aider le peuple alors que son moral était au plus bas. C’est comme cela que cet intrépide chasseur de monstres peut se permettre de négocier son salaire et gagner un peu plus que ce qu’il aurait dû avoir. Ce que ces paysans oublient, c’est que l’office des messagers se fait un devoir de prévenir les sorceleurs de toute attaque de monstre sur le territoire impérial. Entretenant d’excellentes relations, les deux partis tirent bénéfice de cette entraide. Le sorceleur gagnant sa vie, les messagers sécurisant les routes. Certains sorceleurs se sont en plus réparties des zones de chasses, ne brisant cette règle qu’à l’occasion d’un coup de main à donner à leur confrère. Le sorceleur chasse en général seul, mais en vérité ils sont souvent aidés par le peuple, des aventuriers de passage ou un frère d’armes. Survivre reste la règle d’or.


De la magie au service du peuple

Bien que les sorceleurs restent inférieurs aux mages officiels, ils n’en maîtrisent pas moins certaines forment de magie. Voire certains sortilèges extrêmement complexes. Tout dépend de l’âge du sorceleur ou de son côté studieux. Bien que ce ne soit pas le trait de caractère qui les définit le mieux, n’en reste pas moins que certains sorceleurs sont capables de créer des sorts de feu puissants ou de se déplacer magiquement sur de longues distances. Toute cette puissance se retrouve entre les mains d’hommes n’ayant pour seule obligation que d’aider le peuple. De graves sanctions les attendent si d’aventure ils décideraient retourner cette magie contre l’Empire.


 L’hiver et les clans de chasseurs

Comme les monstres qu’ils chassent, les sorceleurs se voient contraints d’hiverner les premières neiges venues. Certains rentrent dans leur famille, certains s’établissent des quartiers d’hiver en ville, la majorité retournent auprès d’amis chasseurs afin de passer la mauvaise saison dans la bière et la bonne humeur. Les clans de chasseurs sont un havre de paix pour ces sorceleurs. Souvent en compétition pour accomplir les contrats, ils n’en reste pas moins le plus souvent des frères d’armes. Et quoi de mieux que passer l’hiver à se renseigner, partager ses techniques et ses compétences avec des hommes et femmes versés eux aussi dans l’art de la chasse. Bien qu’il se murmure qu’un sorceleur dénommé Roman embrasse le rêve insensé de bâtir le premier hôtel de guilde pour tous ses frères sorceleurs.