Histoire

Si il est parmi vous quelques érudits ayant déjà entrepris l’analyse du passé de notre glorieux Empire, vous vous êtes sans doute déjà heurtés à une difficulté aussi imprévue que infranchissable. La mémoire des hommes ne semble pas porter au delà du proche avant guerre, c’est à dire avant la création de l’Empire. 400 ans tout au plus d’histoire à compiler. Voila chose aisée si l’on sait tout ce qu’on laisse en retrait. Passons donc sur le premier exode qui portât la foi et Dracaelys dans nos contrées. Sur le prophète et ses compagnons qui traversèrent seuls la mer des sables avant de couper à travers la vallée interdite pour finalement poser les bases de ce qui deviendra bien plus tard l’Empire et la République Septentrionale. Oublions la chute de l’Empire d’Azur acculé par les terribles hordes barbares Orcs et la création de toutes les cités et états indépendants. Cette partie de notre histoire bien que passionnante n’a laissé que fort peu de trace, si ce n’est des vestiges disséminés de ci de là à travers le monde. Passons outre la terrible guerre des races qui fit rage quelques centaines d’années avant la stabilisation de ce qui deviendra Ebène et la formation des cinq clans se partageant le territoire. Venons directement à l’invasion aussi brutale qu’implacable par les armées du nord. En ce temps là, la quasi totalité de ce qui deviendra le territoire impérial était sous domination étrangère. A dire vrai, toute la partie nord était déjà tombée, le sud n’étant protégé que par le cours sinueux du Nebra. La reddition était proche et seul le siège de la plus grande ville, Sifalle, pouvait influer définitivement sur la suite de la guerre.


Un monde divisé en cinq

Ainsi le territoire était divisé en clans. Contrôlant chacun des villes et des places fortes, ils n’étaient pas en guerre mais pas plus en paix. Le commerce alternait avec des rixes afin de garantir à chacun la part la plus équitable possible. Forêts, mines, fleuves, chaque question se réglait par le fracas des armes. On trouvait le long du Nebra, le clans de l’épée sacrée et ses nombreuses forteresses. Loin d’être une force suffisante pour inquiéter les autres, son contrôle du fleuve lui garantissait des revenus constants et fort confortables. D’amont en aval le clan pouvait faire payer un droit de passage dont le prix variait souvent à la tête du client. Passons rapidement sur deux autres clans, celui des elfes et celui des nains qui non content de n’être pas surprenant si peu de temps après la fin de la guerre des races se contentent de garder leurs anciens territoires et faire prospérer leurs villes. Prospérité facilitée pour les nains par la possession des plus grands filons d’or exploités comme il se doit par une bonne majorité de leur population. Le clan le moins connu et jamais reconnu à leur juste valeur est le clan souterrain. Encore aujourd’hui ce sont les grands oubliés de l’Empire malgré leur rôle considérable dans la reconquête du territoire après la création d’Ebène. Le dernier mais non des moindres, haït par des générations de patriotes, le clan des érudits contrôlant non seulement Sifalle, leur capitale, mais ayant de plus des agents infiltrés dans tous les autres clans et influençant bien plus qu’on ne pourrait le croire le destin de la population. C’est ce même clan qui a par intrigue attiré les armées du nord en leur promettant un partage du territoire. Même si le plan original consistait à piéger ces dernières, le clan fut dépassé par une telle force militaire et la débandade des clans semble ne pas avoir été envisagée. Heureusement le maître d’Ebène changea la donne.


Illustration ville assiégée

Le siège de Sifalle. La dernière grande bataille qui marque la fin de la guerre contre le Nord.


La naissance de l’Empire

Pourchassé depuis des années comme élément dissident, le maître d’Ebène est issu d’une des grandes familles de Sifalle. A sa construction par le clan des érudits, son père fit fortune en vendant d’énormes quantités de marbre qu’il importait et acheminait sur les chantiers de la future capitale. Simple commerçant, il fut amené à choisir un nom de famille grâce au prestige dont il jouissait. De part son activité et le nom de sa défunte épouse, il choisi celui de Blanc. La pureté de ses marbres n’avait d’égal que l’amour qu’il lui vouait. Vers sa dixième année, le maître d’Ebène fut amené à découvrir les secrets du clan des érudits. Leur implication et leurs complots le révulsa au plus haut point. Il prit la fuite et la plus grande traque à l’homme de l’histoire débuta. Rapidement, il rencontra des compagnons, des compagnes pour être plus exact, et l’ordre de la nouvelle pensée vit le jour. Dès lors, il n’eut de cesse de contrecarrer les plans de ce qu’il nomma l’organisation, un groupe d’hommes et de femmes prêt à tout pour étendre leur domination, même à pactiser avec les puissances étrangères. Sa tête fut mise à prix. Il se nomma lui même, en référence à son père, le maître d’Ebène. La récompense offerte contre sa tête atteint des sommets, si bien qu’on lui imputa tous les crimes mystérieux et les vols sans coupable évident. Sa vie fait déjà l’objet de nombreux récits et œuvres dramatiques, ne prenons que la partie finale. A la veille de l’invasion du nord, il réussit à convaincre les clans, sauf celui des érudits coupable de parjure, de s’allier et faire cause commune. C’est cet événement qui marqua la création de l’Empire. Les forces coalisées tinrent Sifalle, grâce notamment à la présence dans leurs rangs de nombreux mages. La reconquête commença à l’instant exact ou le bouclier magique déployé au dessus de la ville se brisa par l’effondrement d’une partie du mur ouest. La rupture entraîna une déflagration qui anéantît d’un coup d’un seul les forces ennemies massées aux remparts. De là, leur avancée fut fulgurante et la guerre prit fin. La date exacte marque toujours la nouvelle année du calendrier impérial et 235 années se sont écoulées depuis.


Le premier empereur et ses successeurs

Le sacre impérial eut lieu à Fort Arthurus, au nord de Sifalle. Le maître d’Ebène fit faire à cette occasion ce qui est depuis lors les régalias du pouvoir impérial : Une épée, enchantée et scellée qui ne sera utilisée par l’empereur en titre que face à une menace mortelle pour son peuple. Elle repose au dessus du trône d’Ebène dans le palais impérial. Un joyau, représentant les quatre clans ayant formé l’Empire et les cinq duchés le composant. Ce joyau est hélas de nos jours porté disparu. Et finalement un mantel, unique pour chaque nouvel empereur et enterré avec lui. Même en tant que représentant direct de Dracaelys, et parfois même chevalier (les fameux empereurs dragons), ces hommes sont mis en terre en arme et non immolés afin de pouvoir même par delà la mort se relever et porter haut les bannières de l’Empire. Le maître d’Ebène a formé un triumvirat avec ses deux conseillères. En peu de temps, ils réorganisèrent le territoire, qui prit la forme de duchés et de comptés qu’on lui connaît aujourd’hui. Les lances impériales furent crées afin de garantir la sécurité extérieure d’Ebène, qui prirent le nom de guerriers du crépuscule. Enfin, la guilde des mages fut instaurée. Elle regroupe encore aujourd’hui la majorité des pratiquants des arcanes sous sa coupe. N’ayant jamais pris femme, ni engendré, la mort du premier empereur fut un terrible choc. Il fut décidé que chaque empereur serait nommé dans la noblesse par de grands électeurs, les hommes les plus influents de leur temps, à l’unanimité. Bien sûr, les voix sont souvent achetées, mais le système fonctionne toujours deux siècles plus tard.


Le maître d'Ebène annonçant la naissance de l'Empire.

Le maître d’Ebène annonçant la naissance de l’Empire.


Les empereurs ayant marqué l’histoire

Si chaque empereur a marqué son temps, il n’en est que peu survivant dans les mémoires du petit peuple. Il faut aborder une spécificité de l’Empire d’Ebène : Chaque empereur en accédant au trône, abandonne de facto son ancien titre et son nom. Il lui sera rapidement attribué un ou plusieurs surnom. C’est par ces derniers qu’on les retient habituellement. A titre d’exemple, la réduction des effectifs militaires commencée par Alabrim le malhabile (X-45 X-66) est poursuivie encore aujourd’hui par l’empereur Lazarrus de la maison Rouge-lame. Et oui, parfois les surnoms prennent du temps à être trouvés. Plus glorieux, on retient Mathieu le Fol (X-69 X-84) comme le seul empereur sacré hors de l’Empire dans les marches du nord. On lui doit la création des cinq maîtres, nommés pour veiller sur cet Empereur hors norme. Il fut également le premier empereur à rendre justice le glaive à la main sur le sable de l’arène. Son courage éclipse pourtant son projet de rénovation de la capitale qui débuta par la rénovation du canal souterrain la reliant au Nebra. Projet qui atteignit son pinacle grâce à son successeur, Jordan le bâtisseur (X-84 X-112) qui rénova la grande majorité de la capitale. La guilde des bâtisseurs lui doit beaucoup de son prestige et de sa renommée. Il a en outre militarisé les frontières en implémentant des forteresses dans les lieux les plus reculés pour veiller au maintien des frontières. Plus récemment, on retient hélas Tristan le Dolent (X-203 X-219) comme homme de paille au service de la noblesse. L’empereur actuel a encore toutes les peines du monde pour redresser la situation si tant est qu’il réussisse un jour.


Le monde extérieur

Les relations avec le nord restent complexes. Si la guerre n’a jamais officiellement pris terme, il n’empêche que le commerce s’est développé. Profitant d’une production artisanale importante et de plus grandes réserves de ressources naturelles, de métaux notamment, la devise impériale est nettement supérieure à celle de ses voisins, un taux de change qui lui garantit les meilleurs prix. Le commerce fait d’ailleurs l’objet de mesures et de pesées scrupuleuses, surtout dans les marches impériales où les autochtones sont connus pour leur roublardise instinctive. Bien plus au sud, l’empire a noué au fil des décennies des relations étroites avec les cités états, allant parfois jusqu’à prendre pour épouse impériale une de leurs filles. Le commerce est florissant et les pertes occasionnées par les incartades Orcs ne viennent nullement le freiner. Enfin, l’Empire Austral reste un allié et les rares échanges avec leurs ressortissants assez courageux pour braver la mer de sable sont enrichissants pour les deux partis sur bien des aspects.


Illustration empire austral

Naviguer entre l’Empire et la cité Sainte reste difficile à cause des courants marins et des tempêtes à surmonter.


Les faits les plus récents

Il est quelques affaires ayant marqué les esprits au cours de ces deux dernières décennies. L’arrivée en grandes pompes des premiers représentants d’outremer, des royaumes d’Amalia pour reprendre leur parlé. Leur venue a profondément déstabilisé la balance commerciale. Le gros des échanges passe désormais par Port-Embrun, ville commerciale par excellence située à l’embouchure du Nebra sur un des bras du delta. Formant un axe ouest-est avec Faille-braise, le commerce est sous la domination de quelques guildes cherchant à monopoliser les échanges. C’est le cas par exemple d’une des guildes de pharmaciens. Le commerce traditionnel passant du nord au sud par Sifalle est en perte de vitesse. Même si la situation ne doit pas être exagérée. La capitale reste encore et toujours la première ville en terme d’influence dans l’Empire et peut-être même dans le monde. Autre fait qui a secoué cette fois ci les élites et la guilde des mages : L’interdiction de la pratique de la nécromancie résonne encore comme un des plus beaux bourbiers dans lequel les mages ne se sont jamais fourrés. Traquant non plus les dissidents comme à l’accoutumée mais leurs propres dirigeants, la purge ne touche à sa fin que depuis quelques années.


Épilogue

Il resterait encore beaucoup à dire. La scène politique prend maintenant des allures internationales. L’arrivée de l’outremer, les relations avec le sud en plein essor et le retour sur le devant de la scène de la République Septentrionale. Le terme de république n’est jamais abordé plus haut ni dans les livres d’histoire, le terme restant obscur dans nos esprits nous lui préférons celui d’Empire. Aujourd’hui, nul n’est en mesure de prédire avec certitude l’avenir de l’Empire d’Ebène. Certains tendent à croire sa fin proche, en y voyant comme signe le déclin de l’influence de Lazzarus de la maison rouge-lame. Sa fille unique n’est encore promise à aucun allié malgré son âge. Sans oublier la tournure étrange que prend la société de l’Empire Austral, en proie à une guerre civile depuis quelques années. On y voit s’affronter le pouvoir religieux, composé en grande partie de femmes et la méritocratie phallocratique cherchant, à juste cause peut-être, à renforcer ses positions. Si la guerre doit subvenir, elle peut venir aussi bien du sud que du nord. L’éloignement et les difficultés d’un voyage nous préserve au moins sur les deux autres fronts. Pour combien de temps encore ?